Glossaire

ADAPTATION ET RESILIENCE

L’adaptation aux changements climatiques est un processus qui vise à réduire le niveau de vulnérabilités d’une population ou d’un territoire aux conséquences de ces changements. Le concept d’adaptation est donc intimement lié à la notion de vulnérabilité.La vulnérabilité est une fonction de 3 composantes, l’exposition aux aléas climatiques, la sensibilité du territoire, et la capacité d’adaptation.

– L’exposition aux aléas climatiques est essentiellement fonction de la géographie, les communautés côtières seront plus exposées à la montée du niveau de la mer (exemple Gabon), tandis que celles vivant dans les zones semi-arides peuvent être plus exposées à la sécheresse (exemple Kenya).

– La sensibilité, elle, dépend des caractéristiques économiques et sociales du territoire : présence d’industries, activités agricoles, habitations, etc., présentent dans la zone exposée. Ainsi un territoire inondable sur lequel des habitations sont construites sera considéré comme sensible, si ces habitations sont de surcroit des logements précaires par exemple, son degré de sensibilité sera d’autant plus important.

– L’adaptation quant à elle, est définie selon le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) comme : « l’ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques présents ou futurs ou à leurs effets, afin d’atténuer les effets néfastes ou d’exploiter des opportunités bénéfiques ».

En d’autres termes, la capacité d’adaptation dépend de multiples facteurs humains, institutionnels, techniques, économiques et sociaux. Elle désigne tous les mécanismes existants qui permettent de diminuer l’impact des aléas climatiques sur la société, que ceux-ci soient d’ordre économique, comme l’existence d’un système d’assurance dédommageant les pertes de revenus et de capital suite à un aléa (inondation/sécheresse), d’ordre technique, comme l’existence de systèmes d’irrigation, de digues, ou de routes surélevées, ou encore d’ordre social à travers les us et coutumes d’une société, d’un groupe d’individus.

La résilience est une notion proche de l’adaptation puisqu’elle désigne la capacité d’un système, d’une communauté ou d’une société, à résister et absorber les chocs liés aux conséquences du dérèglement climatique.

Le Bénin est un pays particulièrement vulnérable aux changements climatiques.  Dans la région des Collines, 80% des revenus des habitants proviennent du secteur agricole, or la région est en parallèle affectée de plein fouet par le dérèglement climatique qui se matérialise par une augmentation des températures moyennes, mais également par la prolifération d’évènements extrêmes comme les inondations, les sécheresses et les vents violents. A cette situation, viennent s’ajouter des facteurs anthropiques aggravants, comme la déforestation, le développement d’une agriculture extensive et intensive par des pratiques agricoles peut préservatrices de l’environnement.

Africa4Climate intervient afin de permettre au territoire des Collines de mieux s’adapter aux effets des changements climatiques. Un travail de fond sur la restauration et la résilience des sols a notamment été mis en place en encourageant les exploitants à varier leurs productions, et à privilégier des espèces résistantes à de plus fortes chaleurs et moins consommatrices d’eau.

AMENAGEMENT DU TERRITOIRE

Le continent africain est confronté à des problèmes démographiques et d’aménagement du territoire qui s’accentuent. C’est pourquoi, les populations et les territoires doivent être au centre des stratégies de développement.  L’aménagement du territoire est reconnu comme une politique nécessaire à l’atteinte des grands objectifs du territoire qui sont le développement économique, le développement des infrastructures, le développement social, le développement durable, des politiques de logement adaptées et la protection et mise en valeur du patrimoine et de la biodiversité.

Ces stratégies localisées doivent être élaborées et mises en œuvre avec la participation des acteurs économiques et sociaux des territoires qui sont les mieux à même d’identifier et d’activer les ressources locales. De plus, de nombreux territoires doivent faire face aux changements climatiques et se heurtent donc à de nouveaux obstacles. L’aménagement du territoire doit permettre ainsi au territoire de mieux s’adapter aux effets des changements climatiques, tout en enclenchant des stratégies énergétiques sobres en carbone. Africa4Climate contribue à la mise en place de stratégies d’aménagement du territoire qui se veulent durables et favorisent à la fois la résilience des territoires et la reconversion des activités économiques en vue d’une économie sobre en carbone permettant ainsi de limiter le réchauffement global.

ATTENUATION

L’atténuation des changements climatiques vise à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en réduisant les émissions dites anthropiques, c’est-à-dire liées aux activités humaines (énergie, industries, transports, agriculture, construction), qui par leur augmentation dans l’atmosphère, déstabilisent le mécanisme naturel de l’effet de serre.

En savoir plus sur le dérèglement climatique

L’atténuation traite des causes des changements climatiques, vise le long terme et l’échelle mondiale.  Il s’agit donc de réduire ou limiter les émissions de gaz à effet de serre mais également de protéger et améliorer les puits et réservoirs des gaz à effet de serre que sont les forêts, sols et océans. Afin de limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport à la température de l’ère préindustrielle, les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 40% à 70% en 2050 par rapport à 2010, et être quasiment nulles en 2100.

L’atténuation est une priorité notamment pour les secteurs de l’énergie, des transports et de l’industrie. En effet, les émissions du secteur de l’énergie vont et resteront la principale source d’émission de gaz à effet de serre. Ainsi, les améliorations de l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables et les changements de comportement sont les clés d’une stratégie d’atténuation visant à réduire la consommation d’énergie.

Cependant, des stratégies d’adaptation complémentaires sont aussi nécessaires. Il est en effet acquis que même si les émissions de gaz à effet de serre étaient réduites rapidement les changements climatiques tels que l’élévation des températures, la montée du niveau des océans ou le dérèglement des précipitations sont d’ores et déjà inévitables.

DECHETS

Le continent africain affiche le taux de collecte des déchets le plus bas. Ce taux est en effet inférieur à 50% en moyenne.  Les légumes et autres produits biologiques constituent  la majorité des déchets, mais la composition des déchets évolue, les déchets plastiques sont de plus en plus présents.  La prolifération des déchets, un problème majeur dans les villes africaines, engendre de graves problèmes environnementaux et sanitaires (émissions de gaz à effet de serre, contamination des sols et des nappes phréatiques, transmission de maladies…). Il est donc évident que la gestion des déchets soit devenue une priorité en Afrique. La gestion des déchets constitue par ailleurs une opportunité pour le développement et peut permettre de générer de précieuses ressources, de produire de l’énergie et de créer des emplois pour des villes plus durables.

EDUCATION

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le Monde » – Nelson Mandela

L’éducation est souvent la clé du changement des mentalités nécessaire aux évolutions structurelles de long terme des comportements humains. A ce titre, elle est centrale dans la lutte contre les changements climatiques. En effet, sensibiliser et éduquer les enfants, qui constitueront les générations actives et dirigeantes à venir, à préserver l’environnement, choisir des options de vie et de développement économique plus sobres en carbone et comprendre les conséquences du dérèglement climatiques auxquels ils devront inévitablement faire face pour développer des stratégies de réponses et d’adaptation, est désormais indispensable. Par ailleurs, impacter la sensibilité et la connaissance des enfants est le meilleur moyen d’atteindre leurs parents.

A Kampala, dans le cadre de la stratégie énergie-climat de la ville, une attention particulière a été portée au secteur de l’éducation. En effet, la ville mise beaucoup sur la sensibilisation des écoliers pour faire évoluer les comportements et mentalités à long terme des citoyens. A ce titre, les écoles publiques de la ville qui bénéficient d’un changement technologique permettant une transition énergétique, comme par exemple l’installation de fours améliorés, bénéficient également d’un accompagnement pour sensibiliser les enfants sur les enjeux liés à l’énergie, au climat et à l’environnement.

La ville organise également de l’échange entre pairs en faveur des écoliers via l’Association Changements Climatiques de l’Université de Makerere de Kampala (MUCCA), dont les étudiants bénévoles travaillent notamment au développement de supports pédagogiques permettant d’animer des sessions de sensibilisation des élèves en milieu scolaire aux problématiques des changements climatiques.

Cependant, l’éducation ne concerne pas uniquement les plus jeunes, c’est un processus continu qui perdure tout au long de la vie. A ce titre, le projet Africa4Climate veille également à développer les capacités des cadres actifs des institutions appuyées par le projet, à travers des sessions de formation animées par des experts, mais également via des visites d’études. Des cadres techniques de la ville de Kampala ont ainsi été en visite d’étude en Afrique du Sud auprès de la ville de Pretoria et en France auprès de la ville de Lyon.

GIC

Cette association intercommunale créée en 2004 regroupe les 6 communes  du département des Collines, situé dans le centre du Bénin (Bantè, Dassa-Zoumé, Glazoué, Ouessè, Savalou et Savè), et a pour rôle de promouvoir le développement économique de son territoire et de ses acteurs en renforçant la coopération entre les communes ainsi qu’en coordonnant des projets intercommunaux. En tant qu’intercommunalité, le mandat du GIC s’étend également à la fourniture et à la gestion des services publics tels que l’accès à l’eau, à l’énergie, et la planification du territoire.

RENFORCEMENT DES CAPACITES

Le renforcement des capacités est un processus par lequel des personnes, des organisations et des sociétés renforcent et maintiennent leurs capacités à définir et réaliser leurs objectifs de développement. Il vise à accroitre en continu et de façon durable la performance, tout en s’adaptant à des environnements de plus en plus exigeants et évolutifs. Le renforcement des capacités couvrent 3 niveaux interdépendants : la compétence des individus, le fonctionnement de leur organisation et les caractéristiques de leur environnement. C’est un processus endogène qui part des capacités nationales existantes. Le développement des capacités est ainsi intrinsèquement lié au renforcement de la gouvernance locale. Africa4Climate est avant tout un projet de renforcement des capacités.

SOCIETE CIVILE

Africa4Climate intègre de façon transversale la participation de la société civile. En effet, une société civile informée et mobilisée est essentielle pour appuyer les acteurs publics dans la lutte contre les changements climatiques. La société civile doit être partie prenante intégrante afin d’apporter de l’expertise et accompagner le processus de changement à tous les niveaux de la société. Travailler avec la société civile offre un accès privilégié aux couches les plus vulnérables de la population.

Les partenariats avec la société civile, établis en amont du projet, sont un élément essentiel du cadre de mise en œuvre. Ils ont permis une appropriation et une pérennisation du projet.